Les 3 actions indispensables pour être conforme à NIS 2

La directive NIS 2 (Network and Information Security) représente une évolution majeure dans le paysage réglementaire européen de la cybersécurité. Entrée en vigueur le 17 janvier 2023, elle impose de nouvelles règles strictes aux entreprises et organisations de 18 secteurs d’activité considérés comme critiques ou essentiels. Plus qu’une simple mise en conformité administrative, c’est désormais une question de survie face aux cybermenaces croissantes et aux sanctions financières pouvant atteindre 10 millions d’euros ou 2% du chiffre d’affaires mondial.

Voici les trois actions essentielles pour sécuriser votre organisation et répondre aux exigences de cette directive ambitieuse.

1. Mettre en place une gouvernance cyber robuste

La gouvernance est le fondement de toute stratégie de cybersécurité efficace. La réglementation NIS 2 marque un tournant décisif en plaçant la responsabilité directement au niveau de la direction générale, transformant profondément l’approche traditionnelle de la cybersécurité.

Élaborer une politique de sécurité structurée

L’élaboration d’une Politique de Sécurité des Systèmes d’Information (PSSI) claire et documentée constitue la pierre angulaire de votre conformité. Cette politique doit refléter les risques spécifiques de votre organisation et définir les mesures de protection appropriées. Elle doit être régulièrement mise à jour pour s’adapter à l’évolution des menaces et des technologies.

La PSSI doit couvrir l’ensemble des domaines de la sécurité informatique : protection des données, gestion des accès, sécurité physique, continuité d’activité, etc. Elle doit également préciser les modalités de contrôle et d’audit permettant de vérifier son application effective. Un document vivant, la PSSI doit être revue au minimum une fois par an et après chaque incident significatif pour intégrer les leçons apprises.

Former et responsabiliser les dirigeants

La formation devient obligatoire, particulièrement pour les dirigeants. L’article 20 de la directive stipule explicitement que les membres des organes de direction doivent suivre une formation spécifique en cybersécurité. Il ne s’agit plus simplement de déléguer la cybersécurité aux équipes techniques, mais d’en faire une préoccupation stratégique portée au plus haut niveau de l’entreprise.

Cette formation doit permettre aux dirigeants de comprendre les enjeux de la cybersécurité, d’évaluer les risques et de prendre des décisions éclairées. Elle doit être adaptée à leur niveau de responsabilité et à la nature des activités de l’organisation. Des sessions de sensibilisation régulières doivent être organisées pour maintenir leur niveau de vigilance et les informer des nouvelles menaces.

Définir une organisation claire et efficace

La mise en place d’une organisation claire, avec des rôles et responsabilités bien définis est essentielle. Chaque acteur doit savoir précisément ce qu’on attend de lui en matière de cybersécurité. Cette organisation doit inclure la désignation d’un responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) ou d’un équivalent, disposant des ressources et de l’autorité nécessaires pour mener à bien sa mission.

Le RSSI doit être positionné à un niveau hiérarchique lui permettant d’interagir directement avec la direction générale. Il doit être impliqué dans les projets stratégiques dès leur conception pour intégrer la sécurité par design. Des comités de sécurité réguliers doivent être organisés pour suivre l’avancement des actions et prendre les décisions nécessaires.

Intégrer la cybersécurité dans la stratégie d'entreprise

L’intégration de la cybersécurité dans les processus décisionnels stratégiques de l’entreprise est désormais incontournable. Les risques cyber doivent être considérés au même titre que les risques financiers ou opérationnels dans toutes les décisions importantes.

Cette intégration passe par l’inclusion systématique d’un volet cybersécurité dans les études d’impact préalables aux décisions stratégiques : fusion-acquisition, lancement de nouveaux produits, expansion géographique, etc. Des indicateurs de performance (KPI) spécifiques à la cybersécurité doivent être définis et suivis au plus haut niveau de l’entreprise pour mesurer l’efficacité des actions mises en œuvre.

2. Déployer un système de gestion des risques cyber

La gestion des risques n'est plus une option mais une obligation formelle sous la directive NIS 2. Elle doit être méthodique, continue et parfaitement documentée.

Mettre en œuvre une analyse des risques continue

L’analyse des risques doit être continue et documentée. Il ne s’agit pas d’un exercice ponctuel mais d’un processus permanent qui permet d’identifier, d’évaluer et de traiter les risques cyber. Cette analyse doit prendre en compte non seulement les menaces techniques, mais aussi les risques liés à la chaîne d’approvisionnement et aux facteurs humains.

La méthodologie d’analyse des risques doit être formalisée et s’appuyer sur des référentiels reconnus comme EBIOS Risk Manager ou ISO 27005. Elle doit permettre de cartographier les actifs critiques, d’identifier les menaces potentielles, d’évaluer les vulnérabilités et de déterminer les impacts possibles. Les résultats de cette analyse doivent être documentés et mis à jour régulièrement, au minimum une fois par an et à chaque changement significatif du système d’information.

Déployer des mesures de sécurité adaptées

La mise en œuvre de mesures de sécurité proportionnées est cruciale. Ces mesures doivent être adaptées aux risques identifiés et documentés. Elles incluent notamment :

  • La protection des systèmes d’information : mise à jour régulière des logiciels, gestion des correctifs de sécurité, segmentation des réseaux, chiffrement des données sensibles. Un processus de gestion des vulnérabilités doit être mis en place pour identifier, évaluer et corriger rapidement les failles de sécurité. Des tests d’intrusion réguliers doivent être réalisés pour vérifier l’efficacité des mesures de protection.
  • La sécurisation des accès, notamment distants : authentification forte, gestion des privilèges, contrôle d’accès basé sur les rôles. L’authentification multifacteur doit être déployée pour tous les accès sensibles, en particulier pour les connexions à distance. Une revue régulière des droits d’accès doit être effectuée pour s’assurer que chaque utilisateur ne dispose que des privilèges strictement nécessaires à l’exercice de ses fonctions.
  • La surveillance continue de la sécurité : mise en place de systèmes de détection d’intrusion, analyse des journaux d’événements, veille sur les vulnérabilités. Un centre opérationnel de sécurité (SOC) doit être mis en place, qu’il soit interne ou externalisé, pour assurer une surveillance 24/7 des événements de sécurité. Des procédures d’escalade doivent être définies pour traiter rapidement les alertes critiques.
  • La sauvegarde régulière des données critiques : définition d’une politique de sauvegarde robuste avec tests de restauration périodiques. Les sauvegardes doivent être stockées dans des emplacements sécurisés, idéalement hors ligne pour les plus critiques, afin de résister aux attaques par ransomware. Des tests de restauration complets doivent être réalisés régulièrement pour vérifier l’intégrité des sauvegardes et la capacité à les restaurer dans les délais prévus.
  • La sécurisation de la chaîne d’approvisionnement : évaluation des risques liés aux fournisseurs et partenaires, inclusion de clauses de sécurité dans les contrats. Un processus d’évaluation de la sécurité des fournisseurs doit être mis en place avant toute contractualisation. Des audits de sécurité réguliers doivent être prévus pour les prestataires ayant accès à des données sensibles ou à des systèmes critiques.

Mettre en place une supervision efficace

La supervision de la sécurité devient une exigence fondamentale. Il faut être capable de détecter et de réagir rapidement aux incidents de sécurité, ce qui nécessite des outils de surveillance appropriés et des équipes formées. Cette supervision doit couvrir l’ensemble du système d’information, y compris les environnements cloud et les terminaux mobiles.

Les solutions de supervision doivent être configurées pour détecter les comportements anormaux et les signes d’intrusion. Des tableaux de bord de sécurité doivent être mis en place pour visualiser en temps réel l’état de la sécurité de votre système. Des rapports réguliers doivent être produits pour informer la direction de l’évolution des menaces et de l’efficacité des mesures de protection.

3. Structurer la gestion des incidents

La capacité à gérer efficacement les incidents de cybersécurité constitue le troisième pilier essentiel de la réglementation NIS 2. Face à la multiplication des attaques, il ne s’agit plus de savoir « si » mais « quand » votre organisation sera touchée.

Établir des procédures de notification conformes

La mise en place d’une procédure de notification rapide est obligatoire. Les incidents significatifs doivent être signalés dans les 24 heures à l’autorité compétente (ANSSI en France), suivis d’un rapport détaillé dans les 72 heures. Cette exigence nécessite une organisation bien rodée et des canaux de communication préétablis. La directive précise que les incidents concernés sont ceux qui peuvent causer des dommages opérationnels ou financiers importants.

Des modèles de notification doivent être préparés à l’avance pour gagner du temps en cas d’incident. Une chaîne de validation accélérée doit être définie pour permettre une notification rapide tout en garantissant l’exactitude des informations transmises. Des exercices réguliers doivent être organisés pour tester la capacité de l’organisation à respecter ces délais contraints.

Formaliser un plan de gestion de crise complet

Un plan de gestion de crise cyber doit être formalisé et testé régulièrement. Ce plan doit définir :

  • Les procédures d’escalade : qui alerter et à quel moment selon la gravité de l’incident. Une matrice de criticité doit être établie pour classifier les incidents et déterminer le niveau d’escalade approprié. Des seuils d’alerte clairs doivent être définis pour déclencher automatiquement l’escalade en cas d’incident majeur.
  • Les rôles et responsabilités en cas de crise : constitution d’une cellule de crise avec des missions clairement définies. Chaque membre de la cellule doit connaître précisément son rôle et disposer des outils et informations nécessaires pour l’exercer efficacement. Des suppléants doivent être désignés pour chaque rôle critique afin d’assurer la continuité de la gestion de crise en toutes circonstances.
  • Les moyens de communication : canaux sécurisés pour échanger pendant la crise, y compris si les systèmes habituels sont compromis. Des moyens de communication alternatifs doivent être prévus en cas de compromission des systèmes principaux : téléphones satellitaires, messageries chiffrées sur des appareils dédiés, etc. Des listes de contacts à jour doivent être maintenues et accessibles même en cas de perte d’accès aux systèmes d’information.
  • Les actions de remédiation : procédures techniques pour contenir l’incident, éliminer la menace et restaurer les systèmes. Des playbooks détaillés doivent être préparés pour les scénarios d’incident les plus probables : ransomware, exfiltration de données, déni de service, etc. Ces procédures doivent être régulièrement mises à jour pour tenir compte de l’évolution des menaces et des technologies.
  • Les procédures de retour à la normale : critères pour déclarer la fin de la crise et reprendre les activités habituelles. Un plan de reprise d’activité (PRA) détaillé doit être établi, définissant les priorités de restauration des services et les ressources nécessaires. Des points de contrôle doivent être définis pour vérifier l’absence de persistance de la menace avant de réintégrer les systèmes dans l’environnement de production.
  • L’analyse post-incident : méthodologie pour tirer les leçons de chaque incident et améliorer continuellement les défenses. Un cadre d’analyse structuré doit être défini pour examiner systématiquement les causes profondes des incidents et identifier les axes d’amélioration. Les enseignements tirés doivent être documentés et partagés avec les parties prenantes concernées pour renforcer la culture de sécurité de l’organisation.

 

Tester et améliorer continuellement le dispositif

Des exercices de simulation d’incidents doivent être organisés régulièrement pour tester l’efficacité du plan et former les équipes. Ces exercices permettent d’identifier les faiblesses du dispositif et de les corriger avant qu’un incident réel ne survienne.

Différents types d’exercices doivent être organisés : exercices sur table pour tester les procédures, simulations techniques pour évaluer les capacités de détection et de réponse, exercices grandeur nature impliquant l’ensemble de l’organisation. Les scénarios doivent être variés et réalistes, s’inspirant des incidents récents observés dans votre secteur d’activité.

Après chaque exercice, un débriefing approfondi doit être réalisé pour identifier les points forts et les axes d’amélioration. Un plan d’action doit être établi pour corriger les faiblesses identifiées, avec des responsables désignés et des échéances précises. L’efficacité des actions correctives doit être vérifiée lors des exercices suivants.

Votre partenaire pour une conformité réussie

La conformité à la directive NIS 2 représente un défi majeur pour de nombreuses organisations, avec environ 15 000 entités concernées en France. Mais en se concentrant sur ces trois actions fondamentales – gouvernance robuste, gestion des risques structurée et capacité de réponse aux incidents – vous posez les bases d’une cybersécurité solide et conforme.

Chez OCI, nous comprenons que chaque organisation est unique, avec ses propres enjeux et contraintes. Notre approche à 360° de l’informatique et du digital nous permet de vous accompagner dans toutes les dimensions de votre mise en conformité :

  • Évaluation de votre niveau de maturité actuel face aux exigences de la réglementation NIS 2
  • Élaboration d’une feuille de route personnalisée pour atteindre la conformité
  • Mise en place des mesures techniques et organisationnelles adaptées à votre contexte
  • Formation de vos équipes et de vos dirigeants aux enjeux de la cybersécurité
  • Accompagnement dans la durée pour maintenir et améliorer votre niveau de sécurité

Ne tardez pas à agir : la date limite pour la mise en conformité approche rapidement, et les sanctions pour non-conformité peuvent être sévères. Contactez nos experts dès aujourd’hui pour un accompagnement personnalisé dans votre mise en conformité à la directive NIS 2 et transformez cette obligation réglementaire en véritable avantage concurrentiel.

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